15 septembre 1858, 17 heures. — Naissance de Charles-Eugène de Foucauld à Strasbourg, 3, place de Broglie.

N1020

 

N1021 D’une méditation écrite à Nazareth le 8 novembre 1897 : “Ah ! Mon Dieu, nous avons tenu à chanter vos miséricordes… mais si tous nous le devons, combien moi ! Moi qui ai été dès mon enfance entouré de toutes les grâces, fils d’une sainte mère, ayant appris d’elle à vous connaître, à vous aimer et à vous prier aussitôt que j’ai pu comprendre une  parole : mon premier souvenir n’est-il pas la prière qu’elle me faisait réciter matin et soir : Mon Dieu, bénissez papa, maman, grand’papa, grand’maman, grand’maman Foucauld et petite sœur ?…
Et cette pieuse éducation ! … ces visites aux églises, ces bouquets aux pieds des croix, ces crèches à Noël, ces mois de Marie, ce petit autel dans ma chambre gardé tant que j’ai eu une chambre à moi dans ma famille et qui a survécu à ma foi ! … Je me vois allant à l’église avec mon père (que cela est loin !), avec mon grand-père…” 1

D’une lettre adressée à  Mgr Charles Guérin

Tamanrasset, 15 septembre 1907,
fête du saint nom de Marie.

Mon bien-aimé et très vénéré Père,
Merci mille fois de votre lettre du 25 juin… Je n’ai point encore d’occasion pour vous écrire, mais je tiens à vous écrire aujourd’hui, en cette fête, peu après celle du 8 septembre qui rappelle mon arrivée auprès de vous à Alger en 1901… et le jour où je rentre dans ma cinquantième année, ayant à remercier Dieu de tant de grâces, à lui demander pardon de bien des péchés, de bien des fautes et omissions, et à le supplier de me convertir enfin et de me faire passer, dans son amour et son service, le peu d’années qui me restent à être ici-bas. […]
Souffrons et prions nous-mêmes le plus possible, car c’est par la croix que JÉSUS a sauvé les âmes, et jamais sans croix on ne les sauvera. Prions, puisque JÉSUS a passé tant de nuits en prière et nous fait des reproches quand nous ne pouvons pas « veiller une heure avec lui ». Sanctifions-nous, car se convertir, c’est laisser JÉSUS vivre en soi, c’est faire que nos actes ne soient plus de pauvres actes simplement humains, mais les actes de JÉSUS, d’une efficacité divine et infinie […]
« Dans l’angoisse des temps  » a été rebâti le temple ; et saint Jean Chrysostome dit que ce n’est point dans la pensée « d’être tranquille » qu’on se fait moine, mais au contraire pour ne point l’être et porter la croix avec JÉSUS…
FR. CH. DE JÉSUS.

1 Charles de Foucauld, La dernière place, Retraites en Terre Sainte, Nouvelle Cité, Paris 1974, p. 100.

2 Les dessins sont réalisés par la maman de Charles.