L’accueil que nous essayons de vivre à Marseille se joue beaucoup dans les petits gestes de la vie quotidienne, qui sont particulièrement importants dans ce contexte. Dans notre bâtiment aux 18 étages (comptant 6 appartements pour chaque niveau) et où un grand nombre de personnes se croisent, personnes différentes par l’origine, la langue et la religion, le risque d’anonymat et d’isolement est grand. Alors, il faut apprendre à profiter de toutes les occasions, notamment les moments dans l’ascenseur, la récupération du courrier, pour essayer d’ouvrir des petits instants de relation, en allant un peu au-delà du « Bonjour », par exemple, en demandant comment ça va, en disant un petit mot sur la météo etc… C’est comme ça que nous avons lié amitié avec la dame qui fait le ménage ou avec une maman d’origine algérienne, qui nous a demandé d’aider sa fille avec l’anglais.

cous cousC’est très important aussi d’aller frapper aux portes et passer faire ” un petit coucou”. Toujours dans le respect et la discrétion, mais dès qu’on a fait un peu de connaissance, il est importer d’essayer, d’oser aller vers l’autre… sans oublier d’apporter quelque chose de bon à partager. Nous découvrons ainsi que les gens sont très accueillants. Par exemple, nous apprenons de la culture arabe à toujours demander des nouvelles de tous les membres de la famille, un par un, sans nous contenter d’un générique « comment ça va ? » Encore, nous avons découvert que dans la culture magrébine et africaine aussi, on ne rend jamais un assiette vide : c’est pourquoi, quand on apporte quelque chose à manger à une famille, un échange de plats et recettes va naitre et c’est un moyen magnifique de se connaitre et tisser une amitié.

Parfois il y a des difficultés avec la langue française, qui compliquent un peu la situation, on a du mal à se comprendre, à communiquer. Et alors on essaye de se débrouiller, d’un côté et de l’autre, en mélangeant des paroles des langues différentes et en utilisant beaucoup le visage et les mains… A la fin de la visite, peut-être, ce n’est pas clair pour personne ce qu’on a dit, mais la présence qu’on s’est donné mutuellement parle d’elle même : pour quelques familles, surtout si on ne parle pas français, les visites sont très rares.

Notre première Semaine Sainte ici nous a donné deux moments forts beaux. Le premier le lundi, quand les dames de la paroisse nous ont demandé un coup de main pour le ménage à l’église. C’était une occasion importante de partage et d’échange, pour entrer toujours plus dans cette « famille ».marseille_cite1

Et le Samedi Saint nous avons fêté la Pâques en avance avec un très bon couscous. Nous avions raconté à des amis musulmans que le dimanche était Pâques, notre fête la plus importante pour nous chrétiens. « Ah, c’est comme pour nous l’Aïd », ils nous ont répondu et ils ont voulu nous préparer ce plat délicieux. C’est le plat de la fête pour eux et ils nous ont manifesté comme ça leur proximité.

Que dire ? Nous nous sommes vraiment senties accueillies pour ce que nous sommes. Et nous avons noté une date sur le calendrier : le 7 juillet 2016 c’était l’Aïd. Nous allions préparer, nous aussi, quelque chose de savoureux…

sœurs Silvia, Anna et Francesca